Pour être réellement satisfait de ta vie, tu ne peux pas te limiter à en être le gérant.
Tu dois en devenir le créateur.
Cette phrase, je l’ai entendue récemment dans une interview de Tony Robbins sur le podcast Diary of a CEO.
En l’écoutant, j’ai réalisé une chose : ce n’est pas tant la phrase en elle-même qui m’a marqué, mais toutes les questions qu’elle soulève dès qu’on essaie de comprendre ses implications.
Parce que si on est d’accord avec cette idée, une question arrive immédiatement :
comment ?
Comment devenir créateur de sa vie quand on vit dans un contexte donné, avec des contraintes, des responsabilités, et parfois sans avoir la moindre idée de la direction à prendre ?
Et qu’est-ce qui nous empêche, le plus souvent, de passer de cette envie de créer… à quelque chose de concret ?

Mon intention dans cet article n’est pas de résumer l’interview.
Ce qui m’intéresse, c’est de regarder ce que ces idées impliquent lorsqu’on essaie de les mettre en pratique dans la vraie vie.
C’est ce que je te propose d’explorer, aujourd’hui : qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, devenir créateur de sa vie.
Devenir créateur de sa vie
Celle exprimée par Tony Robbins est une idée que l’on entend souvent, et avec laquelle je suis plutôt d’accord : pour avoir une vie heureuse, accomplie, la gérer ne suffit pas. Il faut en devenir le créateur.
C’est une phrase forte, parfaite pour Instagram : courte, impactante, inspirante.
Mais elle ne dit rien de toutes les questions qui la suivent, des questions comme :
- D’accord. Mais comment faire, concrètement ?
- Ou encore : J’aimerais bien créer davantage ma vie, mais je ne peux pas — et je ne veux pas — jeter aux orties tout ce que j’ai construit jusqu’ici.
- Ou tout simplement : Je ne sais même pas ce que j’ai envie de faire ce week-end… alors créer ma vie ?
Peut-être tu te reconnais dans ces réactions. Peut-être d’autres te sont venues à l’esprit.
Voici les réflexions qu’elles m’ont inspirées.
Quelle est la différence entre gérer sa vie et créer la vie ?
Quelle serait à ton avis la bonne définition à utiliser ?
De mon côté, quand j’essaie de faire la différence entre gérer sa vie et en être le créateur, tout se joue autour d’une seule question : celle des ressources.
Quand on se voit comme le gérant de sa vie, on pense disposer d’une quantité finie de ressources : du temps, de l’argent, de l’énergie, des relations, des compétences, de l’intelligence, de la créativité.
Ces ressources sont limitées.
Dans cette perspective, le mieux que l’on puisse faire, c’est de les utiliser au mieux. Bien investir notre temps. Faire le bon choix entre plusieurs priorités. Ne pas gaspiller ce que l’on a.
Attention : déjà cette posture consciente de gérant est plutôt rare. La plupart des gens traversent leur vie sans jamais y penser. Par moment, cela correspond même au mieux que l’on peut faire.
Mais cette posture présente des limites évidentes : les ressources à notre disposition sont ce qu’elles sont. Nous pouvons les répartir différemment. Nous pouvons les optimiser.
Mais les cartes dans nos mains sont les seules que l’on n’aura pendant tout le jeu.
Impossible de les changer en profondeur.
Souvent, ce qui nous pousse à la gestion, c’est la peur.
La peur de perdre ce que l’on a ; la peur de l’inconnu, la peur de ne pas être assez.
Quand on parle de créer sa vie, le point de départ change complètement.
On ne se contente plus de décider comment utiliser des ressources données. On commence à se demander comment ces ressources peuvent évoluer, se développer, parfois même se multiplier.
Le temps ne se mesure plus seulement en quantité, mais en expérience. Une compétence peut en faire émerger une autre. Une relation peut ouvrir un champ entièrement nouveau.
À mon avis, devenir créateur de sa vie ne signifie pas viser une existence exceptionnelle, spectaculaire, hors du commun.
Cela nécessite un simple changement de regard, que tu peux réaliser en ce moment même : celui d’arrêter de croire que les ressources dont on dispose sont figées.
Et commencer à croire que tu as le pouvoir de les changer.
S’autoriser à créer sa vie
Dés que l’on accepte l’idée que nos ressources ne sont pas figées, mais qu’elles peuvent évoluer, se développer, voir même se multiplier, souvent on entend cette question dans notre tête :
Mais, est-ce que j’ai réellement le droit d’y croire ?
C’est la que les choses bloquent. Car le principal frein à devenir créateur de sa vie n’est pas extérieur. Il n’est pas lié au manque d’opportunités, de capacités ou de compétences.
Il est intérieur.
Ce qui nous freine, ce sont souvent des questions de légitimité et de loyauté.
Pourquoi est-ce que je mériterais une vie plus libre, plus choisie, plus épanouissante, si mon entourage, ma famille, mon milieu n’y ont pas accès ?
Très tôt dans notre vie, nous intégrons des croyances issues de notre environnement : la culture dans laquelle on grandit, le milieu social auquel on appartient, les modèles familiaux que l’on observe.
Au départ, ce sont des injonctions extérieures. Puis, à force d’être répétées, elles deviennent nos propres croyances.
On se dit que certaines choses « ne sont pas pour nous ». Que ce serait irréaliste. Ou prétentieux. Ou irresponsable.
Et le plus souvent, on ne remet même plus ces croyances en question.
C’est précisément parce qu’elles sont devenues les nôtres qu’elles sont si difficiles à identifier.
S’autoriser à créer sa vie ne demande pas des décisions spectaculaires.
Cela commence plutôt par une question simple — mais inconfortable :
Qu’est-ce que je m’interdis encore aujourd’hui ?
Et surtout :
Pourquoi est-ce que je continue à rester fidèle à ces interdictions, alors même qu’elles me font souffrir ?
Il ne s’agit pas de transgresser pour transgresser.
Il s’agit de s’autoriser, intérieurement, à viser une vie plus juste pour soi. Une vie plus libre, plus épanouie, plus cohérente. Selon sa propre définition.
Que faire quand on ne sait pas où aller ?
Très bien : admettons que l’on a choisi d’adopter la posture de créateur de sa vie, et de s’autoriser une vie plus libre et épanouie.
Après une brève montée d’enthousiasme, souvent, c’est la panique.
On se dit : “Évidemment, j’aimerais bien tout ça. Le problème, c’est que je ne sais pas du tout quelle direction prendre ».
Cette réaction est tout à fait normale. Elle révèle une croyance très répandue, mais qui est fausse.
On pense que, pour créer sa vie, un pré-requis indispensable pour créer sa propre vie est d’avoir une vision claire, détaillée, inébranlable.
On pense que, pour créer sa vie, il est d’abord indispensable de savoir exactement où l’on va. Avoir une vision claire. Un projet précis. Un plan détaillé.
Si ce n’est pas le cas (s’il y a du flou, du brouillard, de l’hésitation), alors c’est que l’on est pas encore prêt.
Mais dans la réalité, les choses ne se passent presque jamais comme ça.
Même lorsque certaines personnes semblent avoir une vision très claire dès le départ, ce plan est souvent incomplet. Parfois imprécis. Et très souvent erroné.
Dans la réalité, la clarté ne précède pas l’action. Elle en est le résultat.
Attendre de savoir exactement où l’on va avant de commencer, c’est souvent une manière très subtile de ne pas bouger.
C’est un mécanisme de protection sournois par son élégance : il nous évite de prendre des risques, de sortir de notre zone de confort.
Créer sa vie, dans ces moments-là, ne consiste pas à connaître la bonne direction.
Cela consiste à faire un premier pas : on échange avec quelqu’un, on explore un sujet, on esquisse un projet.
On teste, on expérimente, on observe ce qui se passe.
Et puis, on fait un deuxième pas.
Très rarement ces mouvements sont définitifs.
Il est presque toujours possible de s’ajuster. Réorienter. Parfois même de faire marche arrière.
Cela me fait penser à un proverbe chinois que j’ai découvert il y a peu, et qu’on ne peut pas plus explicite :
“Un idiot qui marche ira toujours plus loin que deux intellectuels assis.”
La direction de notre vie n’apparaît pas d’un seul coup. Elle émerge progressivement, à travers nos tentatives, nos réussites, et aussi nos erreurs.
Créer sa vie ne consiste pas à avancer avec certitude. Mais à avancer malgré l’incertitude.
Et à laisser, pas après pas, la conviction se former en marchant.
La compétence n°1 : apprendre à apprendre
Puisque la clarté ne peut émerger qu’en marchant, une compétence devient extrêmement importante : apprendre à apprendre.
Non pas dans le sens de cumuler toujours plus d’information, mais de lire de la manière plus fine possible ce qui se passe.
Dans un monde en évolution permanente comme celui dans lequel nous vivons, cette compétence est tout simplement INDISPENSABLE.
Dans l’interview dont je te parlais au début, Tony Robbins explique pourquoi apprendre vite est essentiel. Il parle de trois phases d’apprentissage :
- d’abord reconnaître des schémas,
- ensuite utiliser ces schémas existants,
- et finalement créer ses propres schémas.
Reconnaître des schémas, c’est observer ce qui se passe autour de nous, et repérer des éléments qui se répètent, et qui deviennent familiers.
Quels sont les comportements qui reviennent ? Quels effets est-ce qu’ils produisent ?
Quelles décisions nous ont amené ici ? Qu’est-ce qui bloque, presque systématiquement ?
Cette capacité d’observation a deux effets très concrets.
D’un côté, elle nous aide à mieux anticiper ce qui risque de se produire ; nous pouvons ainsi prendre de meilleures décisions et des actions plus efficaces.
Et de l’autre, elle réduit fortement le stress : comprendre ce qui se passe redonne une sensation de contrôle et de maîtrise.
Mais reconnaître des schémas ne suffit pas à avoir des retombées concrètes dans notre vie.
Encore faut-il apprendre à les utiliser.
Utiliser des schémas, signifie agir en s’appuyant sur des méthodes, des outils, de façons de faire, qui ont un énorme mérite : celui d’avoir déjà fait leurs preuves.
Il ne s’agit pas d’éteindre son cerveau et d’appliquer ces recettes de manière mécanique.
En les mettant en œuvre, nous avons l’occasion de comprendre concrètement pourquoi elles fonctionnent, et dans quel contexte.
Probablement le frein principal qui nous empêche de rentrer dans cette phase, c’est la peur de se tromper.
Or, à ce stade l’erreur est à la fois inévitable et indispensable.
Et puis, avec le temps, un troisième niveau apparaît.
Celui où nous sommes tellement à l’aise dans cette situation, nos connaissances sont tellement approfondies, que nous pouvons même créer nos propres schémas.
Créer ses propres schémas, ce n’est pas improviser au hasard.
C’est s’appuyer sur ce que l’on a compris, et oser proposer sa propre manière de faire.
Nous essayons des solutions inédites. Nous osons proposer nos propres règles.
Arrivé à ce stade, apprendre n’est plus seulement une compétence que l’on cultive.
C’est une posture que l’on adopte.
Nous abandonnons le besoin illusoire de vouloir tout savoir à l’avance.
Nous acceptons un plus grand degré de risque, une plus grande liberté.
Le rôle essentiel du timing
Il reste un élément essentiel à intégrer pour éviter un malentendu fréquent.
Créer sa vie ne signifie pas que tout dépend de nous.
Nous avons tendance à surestimer ce que l’on attribue à la volonté et à la capacité individuelle, et à sous-estimer le poids de l’environnement.
Cette confusion fonctionne dans les deux sens.
Quand les choses se passent bien, on peut facilement croire que tout vient de nous.
Quand elles se passent mal, on a tout aussi vite fait de se juger incapable.
Or, une grande partie des résultats que nous obtenons dépend aussi du contexte.
Comme dans l’agriculture, le moment, la saison, jouent un rôle décisif.
Faire la bonne chose au bon moment peut produire des résultats incroyables.
Et faire la bonne chose au mauvais moment peut, au contraire, ne produire aucun résultat.
Un projet, une idée, une initiative peuvent sembler brillants dans un environnement favorable, et devenir totalement inefficaces quelques années plus tard — sans que leur qualité ait changé.
Si l’on ignore ce rôle du contexte et du timing, on risque de tirer des conclusions erronées sur soi.
Se croire brillant. Ou, à l’inverse, se juger incapable.
Alors qu’en réalité, une part importante du résultat ne dépend ni de notre valeur, ni de notre intelligence, mais du moment et de l’environnement.
Créer sa vie ne consiste donc pas à pousser et se forcer en permanence.
Cela consiste à apprendre à lire la réalité plus finement.
À distinguer ce qui relève de nos choix et de nos actions, de ce qui relève du contexte dans lequel ces choix prennent place.
Cette capacité demande une forme d’humilité.
Mais elle apporte aussi beaucoup de puissance.
Car parfois, créer sa vie, ce n’est pas forcer.
C’est savoir attendre. Observer.
Et choisir consciemment le bon moment d’agir.
Voilà, tu connais désormais ma réflexion sur ce que peut vouloir dire, concrètement, devenir créateur de sa vie.
Rien à voir avec une existence exceptionnelle ou hors du commun.
Il s’agit plutôt d’un changement intérieur :
- croire que nous avons la possibilité — et le droit — de transformer et multiplier les ressources dont nous disposons.
- D’accepter d’avancer sans avoir une vision complète du chemin.
- D’apprendre à reconnaître, à utiliser, et parfois à créer nos propres schémas, en tenant compte du moment et du contexte.
Et maintenant, j’aimerais vraiment t’entendre.
Dans quels domaines de ta vie as-tu le sentiment d’être déjà dans une posture de créateur ?
Et à l’inverse, où te vois-tu encore surtout en train de gérer, de composer, de t’adapter ?
Prends un instant pour y réfléchir, et partage-le en commentaire.
Dis-moi aussi ce qui, dans cette vidéo, t’a fait réagir : une idée qui t’a parlé, une affirmation avec laquelle tu n’es pas d’accord, ou une question qui reste ouverte.
Ces échanges comptent vraiment pour moi. Ils nourrissent ma réflexion, ils la mettent à l’épreuve, et ils m’aident à faire évoluer mon point de vue.
Je prendrai le temps de lire et de répondre.
Merci encore pour ton attention.
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