Pourquoi tu n’arrives pas à passer à l’action (et comment t’en sortir)
Pendant longtemps, je ne me suis pas senti complètement légitime pour te parler de développement personnel.
Ces dix dernières années, j’ai lu 500 livres. Empilés les uns sur les autres, ils atteindraient la hauteur d’un immeuble de quatre étages. Je les ai résumés, mis en vidéo et partagés avec toi chaque dimanche. Plus de 7 500 heures de travail, l’équivalent de quatre années à temps plein, en plus de mon métier de manager à côté.
Et pourtant, je n’arrivais même pas à appliquer la moitié de ce que je partageais dans mes vidéos. Je me sentais un peu comme un imposteur.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Non pas parce que j’arrive enfin à appliquer toutes les bonnes idées que je croise, mais parce que j’ai compris quelque chose de beaucoup plus profond.
Dans cet article, je vais te montrer les trois vrais blocages qui t’empêchent de passer à l’action, et pour chacun, un premier pas très concret pour t’en sortir. À la fin, je te donne une méthode simple à tester dès cette semaine. Pas une nouvelle théorie à ranger dans un coin de ta tête : une méthode que tu peux utiliser dès aujourd’hui.
Une remise en question que je ne suis pas seul à vivre
Récemment, j’ai fait une chose que je n’avais jamais faite auparavant : j’ai tourné une vidéo sans script, sans coupure et sans montage. Sur la forme, je n’aurais pas pu faire plus artisanal. Et pourtant, ça a été l’une des vidéos les plus regardées depuis le début de l’année. Clairement, la phase de remise en question que j’ai traversée, je n’en ai pas l’exclusivité.
Beaucoup d’entre vous m’ont écrit un mail ou laissé un commentaire. Un message revenait presque à chaque fois, sous des formes différentes : « je sais que je devrais passer à l’action, mais je n’y arrive pas. À vrai dire, je ne sais même pas ce qui me bloque réellement. »
Cette phrase-là, je l’ai reçue mot pour mot. Alors avant de continuer à parler de connaissance, j’avais besoin de te parler de ça.
1. Le piège de l’accumulation
Imagine une pyramide à trois étages. En haut, l’étage le plus petit : le Savoir, tout ce qu’on lit, qu’on écoute, qu’on accumule. Au milieu, l’étage de l’Application : le moment où tu prends une idée et tu décides de la tester, de la mettre en pratique. En bas, l’étage le plus large : la Transformation, ce qui arrive quand un nouveau comportement devient un réflexe et que tu commences à observer des changements concrets dans ta vie.
Le syndrome de la solution magique
Quand on aime apprendre, quand on adore découvrir de nouvelles idées, on est fasciné par l’étage supérieur, celui du Savoir. Sauf que cette fascination est souvent un piège, un piège que j’ai mis dix ans à rendre visible.
Tu lis un livre, tu y trouves une idée qui te parle, et tu as un moment d’illumination. Tu te dis : « ça y est, j’ai enfin trouvé LA solution à ce problème que je traîne depuis des années. » Cette euphorie est très plaisante. Elle risque même de devenir une addiction.
Est-ce que tu connais des personnes qui enchaînent les formations, les certifications, les stages et les livres, et pourtant, vues de l’extérieur, rien ne change vraiment dans leur quotidien ? Elles sont persuadées que la solution viendra du prochain contenu qu’elles vont consommer : « cette fois, ce sera la bonne, j’aurai enfin l’information qui me manquait, et tout deviendra limpide. »
Sauf qu’à chaque fois, le cycle ressemble au précédent : nouvelles pratiques, nouvelles disciplines, nouvelles connaissances. Elles ont accumulé un savoir immense, et pourtant leur vie est restée identique. Ce n’est pas un manque de volonté, au contraire : c’est juste que la fascination pour le savoir avait pris toute la place.
Ce piège s’appuie sur deux attentes qu’on ne remet jamais en question. D’abord, on croit que la vraie solution doit forcément être compliquée, sinon pourquoi n’aurait-on pas encore les résultats cherchés ? Ensuite, on croit qu’une fois la bonne solution trouvée, les résultats doivent arriver tout de suite. Si ce n’est pas le cas, on décide que ce n’était pas la bonne solution, jamais qu’on ne l’a pas assez répétée. Et on repart chercher un nouveau Savoir.
Quand les mêmes idées reviennent, c’est bon signe
Plus je lisais de livres, plus j’avais l’impression de retrouver toujours les mêmes idées, exprimées autrement ou appliquées un peu différemment. Les fois où un livre m’apprenait vraiment quelque chose de neuf devenaient de plus en plus rares. Au début, je prenais ça pour un mauvais signe.
Puis j’ai compris que je ne regardais pas les choses de la bonne manière. Le fait que les idées se répètent est au contraire très encourageant. Si des auteurs au parcours, à la culture et à l’époque différents exposent la même idée, c’est qu’elle apporte vraiment quelque chose. Si elle est reprise à autant d’endroits, c’est qu’elle a de la valeur. Et si on fait vraiment ce qu’elle dit, il y a de grandes chances que ça marche.
2. Nommer le vrai blocage
Accumuler du Savoir ne change rien de concret si ce n’est pas couplé à l’Action. « Il faut passer à l’action » : excellent conseil, mais qui ne nous avance pas beaucoup. On sait déjà qu’il faut être discipliné, persévérant, sortir de sa zone de confort. Sauf qu’au moment de s’y mettre, on n’y arrive littéralement pas. On a déjà essayé la motivation, la culpabilité, la force de volonté, et à chaque fois on finit par buter contre quelque chose.
En relisant vos commentaires, j’ai identifié trois blocages qui reviennent tout le temps. Tu vas sans doute te reconnaître dans au moins l’un des trois.
Le blocage invisible
« Je me sens bloqué, mais je ne sais pas ce qui me bloque réellement. » Tu sens que ça ne bouge pas, mais tu ne sais même pas nommer pourquoi. Tout est confus. Et tant que les choses ne sont pas claires, impossible de savoir par où commencer.
La noyade d’informations
Le problème n’est plus l’accès à l’information, c’est de savoir à qui faire confiance. Trop d’options, trop de conseils contradictoires, trop de méthodes « infaillibles ». Faute de trouver celle qui nous convient, on remet les choses à plus tard et rien n’avance vraiment.
L’abandon à mi-parcours
Pourquoi la majorité des gens qui achètent une formation ne vont jamais jusqu’au bout ? Est-ce par manque de discipline, ou parce qu’inconsciemment on n’avait besoin que d’un seul morceau, et qu’on l’a déjà pris sans s’en rendre compte ?
Ces trois blocages n’ont pas la même origine, et c’est pour ça qu’un conseil générique du type « sois discipliné » ne marche jamais. L’approche qui fonctionne dépend directement du blocage qui te freine. Voici un premier pas concret pour chacun.
Le premier pas pour chaque blocage
Blocage invisible. La prochaine fois que ça coince sans que tu saches pourquoi, arrête-toi et note ce qui te vient. Qu’est-ce qui se passait dans ta tête juste avant d’abandonner ? Une peur précise ? Le sentiment de ne pas savoir par où commencer ? La fatigue ? Ne cherche pas encore à résoudre le blocage, juste à lui donner un nom. Tant que c’est flou, tu le subis ; commencer à l’identifier te donne déjà la bonne orientation.
Noyade d’informations. Résiste à la tentation de chercher LA meilleure méthode : le premier pas consiste à en éliminer. Choisis une seule source (un livre, une personne, une méthode) qui te paraît pertinente à 60-70 %, et engage-toi à ne suivre que celle-ci pendant deux semaines. Pas de nouvelle recherche, pas de deuxième avis. Ton problème n’est pas un manque d’options, c’est que tu en as trop.
Abandon à mi-parcours. Transforme une décision passive en décision active. L’abandon est rarement un choix conscient : on laisse filer une fois, puis deux, jusqu’à arrêter d’y penser. La prochaine fois que tu te rends compte que tu laisses filer, demande-toi : « qu’est-ce que j’ai déjà tiré de ça, et est-ce que ça vaut la peine de continuer ? » Si la réponse est non, arrête consciemment. Si elle est oui, tu viens de te redonner une bonne raison de continuer.
3. La méthode : une idée, sept jours
Voici ce que je te propose, très concrètement. Cette semaine, choisis une seule idée que tu souhaites vraiment approfondir. Une idée que tu as déjà croisée (dans un livre, une vidéo, peu importe), qui pourrait réellement t’aider, et que pourtant tu n’appliques toujours pas.
Pendant les sept prochains jours, prends juste cinq minutes pour l’appliquer. Pas besoin d’y passer des heures : cinq minutes suffisent largement pour commencer. En revanche, tu l’appliques tous les jours, du premier au septième. Pas quand tu y penses, pas dix fois le premier jour puis plus rien ensuite : tous les jours.
Trois astuces pour ne pas passer à côté
- Définis dès maintenant quand tu vas faire cette action, et note-la dans ton agenda. Comme disent les pros de l’organisation : si ce n’est pas dans ton agenda, ça n’existe pas.
- Quand le moment arrive, applique la règle des 5 secondes : compte 5-4-3-2-1 et démarre l’action sans attendre. Ça empêche ton cerveau de négocier ou de trouver une excuse pour reporter.
- Une fois commencé, oblige-toi à finir l’action avant de passer à autre chose. Si elle demande plus de 25 minutes, autorise-toi une pause de 5 minutes avant de repartir sur une session de 25 minutes ininterrompue, comme le suggère la méthode Pomodoro.
Et maintenant, à toi de jouer
J’attends avec impatience de savoir sur quoi tu t’engages et comment se passe ton passage à l’action. N’hésite pas à me tenir au courant en commentaire. À très vite, pour de nouvelles idées !
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