Tu n’es pas fatigué ? Fatigué de passer ta journée avec quelqu’un qui parle sans arrêt dans ta tête ?

Cette voix commente tout. Ce que tu fais. Ce que tu aurais dû faire. Ce qui pourrait arriver — souvent dans le pire scénario possible. Elle juge, compare, anticipe, critique.

Et le plus étrange, ce n’est pas qu’elle parle. C’est que tu l’écoutes.

Car si tu t’arrêtes une seconde, une question simple apparaît : si tu entends cette voix… qui est en train d’écouter ?

Observe un instant ce qui se passe à l’intérieur :

  • certaines pensées surgissent sans prévenir,
  • d’autres disparaissent toutes seules,
  • et pourtant, tu t’identifies à chacune d’elles, comme si elles disaient quelque chose d’essentiel sur qui tu es.

Et si le vrai problème n’était pas ce que tu penses… mais le fait de confondre ces pensées avec toi-même ?

Le mental fonctionne très bien. Il analyse, protège, anticipe. Mais lorsqu’il devient le centre de commande de ta vie intérieure, quelque chose se rigidifie.

Dans cette vidéo, je te propose un point de vue original : regarder le mental non pas comme ton identité, mais comme un outil.

Et voir ce qui devient possible quand celui qui écoute reprend doucement sa place.


L’âme délivrée de Michael A. Singer

Michael A. Singer est un auteur et enseignant américain, à la croisée de la psychologie introspective et d’une spiritualité non religieuse.

Il ne propose ni doctrine, ni méthode à appliquer. Sa démarche part d’un point beaucoup plus direct : observer avec précision ce qui se passe dans notre expérience intérieure.

Son livre “L’âme délivrée” est structuré autour de deux constats fondamentaux :

  • le mental produit un flux constant de pensées, de commentaires et de jugements,
  • et pourtant, à côté de ces flux constant, il y a quelqu’un, quelque chose, qui observe.

L’enjeu n’est pas de calmer l’esprit, ni de devenir quelqu’un de plus serein ou de plus spirituel.

Il s’agit de quelque chose à la fois plus subtil – et plus profond : réaliser clairement ce à quoi nous nous identifions sans même nous en rendre compte.

Une grande partie de notre agitation ne vient pas des situations que nous vivons, mais de la manière dont le mental s’en empare, les raconte… et les prolonge.

Pour s’en rendre compte, il suffit simplement d’observer.

Le mental est une voix, pas une identité

La plupart du temps, le mental se manifeste de manière très simple : il parle.

Il commente ce qui se passe, il raconte ce que tu fais, il explique ce que cela veut dire.

Les moments où il se tait sont rares.

Il s’exprime même quand personne ne l’a invité :  quand tu travailles, quand tu regardes un film, avant de t’endormir.

Parfois, cette voix est là pour encourager, rassurer, féliciter. Mais le plus souvent, elle aime critiquer, inquiéter ou décourager.

En soi, cette voix n’a rien de mauvais. Elle a même une fonction très utile. Elle aide à réfléchir, à éviter certains dangers, à tirer des leçons du passé.

Le problème apparaît quand tu oublies une chose très simple : cette voix n’est pas toi.

Voici une expérience très simple qui le prouve. Quand une pensée apparaît dans ta tête, tu peux l’entendre. Et si tu peux l’entendre, c’est que tu es autre chose que cette pensée.

C’est un peu comme quand tu entends une radio allumée : la radio parle, et toi, tu n’es pas la radio. Tu es celui qui écoute.

Dès qu’une pensée arrive — « je ne suis pas capable », « ça va mal se passer », « je suis nul » — nous faisons l’erreur de la prendre pour une vérité sur nous-même. Nous ne l’entendons pas comme une voix qui parle, mais comme qui nous sommes.

Sans le recul nécessaire, notre mental décide à notre place comment nous devons voir les choses, comment nous devons nous sentir, ce que nous devons faire.

Quand toute notre identité se colle à cette voix, même une pensée passagère a le pouvoir de nous gâcher la journée.

Pour changer les choses, la meilleure solution n’est pas d’essayer de faire taire le mental, de supprimer nos pensées. Ce serait s’embarquer dans une lutte de plus.

La solution est beaucoup plus simple : remarquer qu’il y a une différence entre la voix qui parle et celui qui écoute.

Quand tu te places du côté de celui qui écoute, les pensées continuent d’apparaître, mais avec une distance plus saine. Comme les nuages dans le ciel, ces pensées passent.

Et notre mental, lui, reste. Il redevient ce qu’il est censé être dès le départ : un outil à utiliser.

Pas une identité qui te définit.

Les limites du contrôle mental

Dès qu’on sait faire la différence entre notre identité, et la voix du mental, le risque est de tomber dans la tentation de vouloir reprendre le contrôle.

On se dit : « D’accord, je vais faire attention à mes pensées. Je vais les corriger. Je vais éviter celles qui sont négatives. Je vais inciter celles qui sont positives » .

L’intention en soit est bonne. Mais souvent, le résultat est l’inverse de ce que l’on espère.

Pourquoi ? Parce que le mental n’aime pas être contrôlé de force.

Essaie une expérience simple. Dis-toi : « Pendant une minute, je ne vais penser à rien. »

Ou encore, la fameuse expérience de l’éléphant rose : si je te dis “Surtout, ne pense pas à un éléphant rose qui fait de la dance classique”.

Alors que jamais dans ta vie cette pensée t’avait traversé l’esprit, maintenant elle est bien présente dans ta tête.

Avec nos pensées, plus on essaie de les bloquer, plus elles reviennent avec insistance.

Une autre image parlante, est le fait d’essayer de maintenir un ballon sous l’eau. Plus tu appuis dessus, plus il résiste. Et dès qu’il t’échappe, il remonte brutalement à la surface.

Le contrôle direct du mental fonctionne de la même manière. Plus tu luttes contre une pensée ou une émotion, plus tu lui donnes de l’importance, et plus tu l’incites à rester.

Avec le temps, cette lutte devient fatigante. Le mental subit une nouvelle transformation : il n’est plus seulement une voix, il devient un adversaire.

L’intention d’aller mieux est compréhensible. Mais essayer d’y arriver par un contrôle permanent de ce qui se passe à l’intérieur est une stratégie vouée à l’échec.

Plus tu veux tout maîtriser, plus tu t’enfermes dans une lutte intérieure.

Il existe pourtant une autre solution, à la fois plus simple et plus efficace.

Au lieu d’essayer de contrôler le mental, nous pouvons essayer de le comprendre

Les pensées continuent d’exister, mais elles perdent leur pouvoir de tension.

La maîtrise ne vient pas de la force, mais du recul.

L’observation change notre expérience

Comment faire donc pour comprendre le mental, pour le maîtriser ?

Encore une fois, la meilleure solution est la plus simple : observer.

Observer ne veut pas dire analyser, commenter ou chercher à comprendre pourquoi une pensée est là. Observer, ici, signifie simplement remarquer ce qui se passe, au moment où cela se passe.

Une pensée apparaît. Tu la remarques.

Une émotion monte. Tu la remarques.

Une tension se fait sentir dans le corps. Tu la remarques aussi.

Rien de plus.

Cette simple posture d’observation change déjà en profondeur ton expérience. Non pas parce que tu fais quelque chose de spécial, mais parce que tu n’interviens plus automatiquement.

Habituellement, dès qu’une pensée ou une émotion surgit, une réaction suit immédiatement : justification, rejet, inquiétude, distraction. Tout va très vite. Et souvent, sans que tu t’en rendes compte.

L’observation crée une pause.

Dans cette pause, il y a de l’espace. Un espace entre ce qui arrive et la manière dont tu y réponds.

Il est probable que, les premières fois où tu t’arrête pour observer, cet espace soit très court. Presque imperceptible. Mais c’est suffisant pour changer toute la dynamique.

L’observation ne supprime rien. Les pensées continuent d’apparaître. Les émotions aussi. Mais elles circulent différemment.

Attention toutefois à un piège courant : faire de l’observation un nouvel outil de contrôle. Observer pour éliminer, pour se sentir mieux, pour obtenir un résultat.

Dès qu’elle devient une stratégie pour un résultat, la tension revient.

L’observation dont il est question ici n’a pas d’objectif. Elle se contente de voir.

Et paradoxalement, c’est cette absence d’intention qui la rend efficace.

Quand tu observes sans vouloir modifier ce que tu observes, la relation à ton expérience intérieure s’adoucit. Tu n’es plus en lutte. Tu n’es plus en fuite. Tu es simplement présent à ce qui est.

Les émotions sont un flux d’énergie

Après les pensées, il y a un autre élément central de notre expérience intérieure : les émotions.

Nous les vivons comme quelque chose de très personnel. Quand une émotion apparaît, nous disons facilement : « je suis en colère », « je suis triste », « je suis stressé ».

Sans même nous en rendre compte, nous devenons l’émotion.

Pourtant, si l’on observe attentivement, une émotion fonctionne de manière très différente.

Une émotion apparaît dans le corps. Elle se manifeste par une sensation : une tension dans la poitrine, un nœud dans le ventre, une chaleur, un poids, une agitation.

Elle monte, elle circule… puis, si rien ne l’alimente, elle finit par redescendre.

Autrement dit, une émotion est un mouvement. Elle n’est pas faite pour rester.

Le problème commence lorsque nous résistons à ce mouvement.

Très souvent, dès qu’une émotion inconfortable apparaît, nous essayons de la bloquer, de la contrôler ou de la faire disparaître. Nous nous contractons. Nous nous distrayons. Nous nous racontons des histoires pour expliquer pourquoi cette émotion est là.

Sans le vouloir, nous faisons exactement ce qui l’empêche de passer.

C’est un peu comme essayer d’empêcher l’eau de s’écouler naturellement. Tant que tu bloques le passage, l’eau s’accumule derrière. La pression monte. Et quand ça cède enfin, l’eau repart avec une force énorme.

Avec les émotions, le mécanisme est le même. Lorsqu’une émotion n’est pas autorisée à circuler, elle s’accumule. Elle laisse une trace. Et à force de se cumuler, elle risque de tout faire sauter.

La solution, évidemment, n’est pas d’agir sous le coup de l’émotion, de se laisser aller ou de réagir à tout

Mais de laisser l’émotion traverser le corps sans la transformer en identité.

Quand une émotion apparaît, prête attention à comment tu la ressens, mais sans t’identifier à elle.

Tu peux sentir la tristesse sans devenir triste. Tu peux sentir la colère sans être la colère.

Quand l’émotion est vécue comme une sensation passagère, elle suit naturellement son mouvement. Elle monte… et elle redescend. Elle ne disparaît pas sous notre injonction, elle se termine d’elle-même.

Dès que l’on apprend à gérer les émotions de cette manière, nous installons peu à peu une relation plus saine avec nos émotions. On leur laisse la place pour exister, mais elles cessent de diriger notre vie intérieure.

Reprendre la maîtrise sans domination

Tu as vu que les pensées ne définissent pas qui tu es, que les émotions sont faites pour circuler, et que le contrôle direct crée souvent plus de tension que de clarté.

Maintenant, tu te poses probablement la question : mais alors, qu’est-ce que cela veut dire être en maîtrise ?

Très souvent, nous confondons maîtrise et domination.

A cause de cette confusion, nous croyons devoir réussir à contrôler ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ce qui se passe à l’intérieur.

C’est une maîtrise qui repose sur la force, qui demande un effort constant, impossible à tenir dans la durée.

Mais il existe une autre forme de maîtrise, beaucoup plus discrète et plus efficace à long terme.

Au lieu d’essayer d’empêcher à quoi que ce soit d’apparaître, nous faisons attention à ne plus être emportés automatiquement par ce qui apparaît.

Les pensées passent sans décider à ta place, les émotions te traversent sans diriger tes actes.

Ta stabilité intérieure ne vient pas du fait que tout est calme, mais parce que tu n’es plus balloté.

C’est comme naviguer sur un voilier. Tu n’auras jamais le choix ni du vent, ni des vagues ; tu ne pourras jamais choisir ce qui arrive. Mais tu peux toujours ajuster les voiles et orienter ta trajectoire.

Dans cette perspective, reprendre la maîtrise signifie ne plus laisser tes pensées ou tes émotions décider de tes actions.

En adoptant cette posture, tu n’as plus besoin de savoir sans cesse si ce que tu ressens est légitime, si ce que tu penses est correct.

Tu sais que tu peux laisser passer ce qui se présente, et agir ensuite depuis un endroit plus stable.

La maîtrise n’est donc pas un pouvoir que l’on essaie d’exercer, une performance à chercher à tout prix.

Elle est plutôt une conséquence naturelle de ton attitude : d’être présent, d’avoir un regard lucide sur toi et ton intérieur, de ne plus confondre ce qui traverse l’esprit avec l’être qui traverse l’expérience.

Voilà, tu connais désormais une autre manière de regarder ton mental, d’après le livre “L’âme délivrée” de Michael A. Singer.

Non pas comme une vérité à suivre aveuglément, ou comme un ennemi à faire taire, mais comme un outil puissant dont le fonctionnement mérite d’être compris.

Et toi ?

Est-ce que cela t’arrive d’agir ou décider en réaction à tes pensées ou émotions ?

Comment tu peux faire pour appuyer sur pause, et prendre le temps de l’observation ?


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