Tu fais tout ce qu’il faut… mais rien ne change ?
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de démarrer un nouveau projet, de te fixer un nouvel objectif, et te lancer en mode ‘tout feu tout flamme’, mais de perdre ton élan en l’espace de quelques jours ou quelques semaines ?
Si c’est ton cas, il y a une raison profonde à ça. Et ça n’a rien à voir avec ta motivation ou ta force de volonté.
Dans le dernier article, je t’ai parlé du piège du savoir, cette illusion d’avoir compris, alors que rien n’a encore changé dans notre vie. Tant que l’on reste prisonnier de ce piège, on continue à cumuler de la connaissance, sans jamais passer à l’action.
Si tu souhaites en savoir davantage sur le piège du savoir, et sur les 3 blocages qui nous empêchent de démarrer, le lien est en description.
Aujourd’hui, je te propose d’attaquer l’étape d’après, celles qu’on aborde presque jamais.
On va voir ensemble pourquoi l’élan de départ, même quand il est accompagné d’une conviction profonde, et d’une énorme motivation, finit très vite par retomber.
Et surtout, de ce que tu peux faire pour garder la bonne dynamique dans la durée.
Pourquoi motivation et volonté ne suffisent pas
Une fois qu’on a compris, et qu’on a décidé de passer à l’action, qu’est-ce qui nous fait réellement bouger ?
Dans la grande majorité des cas, deux moteurs : la motivation, ou la force de volonté.
Le problème, c’est que ces deux moteurs ont une durée de vie très courte.
J’aime comparer motivation et force de volonté à la batterie de ton téléphone : ça se consomme avec l’usage. Et une fois qu’il n’y en a plus, il n’y en a plus.
Peu importe à quel point tu essaies de te forcer, à un moment, il n’y a tout simplement plus de jus – impossible d’avancer d’un millimètre.
La grande erreur que l’on fait à ce moment là, c’est qu’on retombe dans le jugement personnel. On se dit : « si j’étais quelqu’un de plus organisé, de plus discipliné, de plus motivé, je n’aurais qu’à me forcer un peu plus. »
Sauf que ça ne marche pas comme ça. Si tu perds ton élan, ce n’est pas un manque de discipline.
Et si tu n’arrives pas à repartir, c’est parce que tu as fait le mauvais diagnostic.
En réalité, pour qu’un changement dure dans le temps, il ne peut pas reposer sur une ressource qui s’épuise. Il doit reposer sur quelque chose de beaucoup plus stable et fiable.
Dans le cas du comportement humain, il doit reposer sur l’habitude.
Nous sommes, en tant qu’êtres humains, des êtres d’habitude. 80 à 90% de nos pensées, de nos actions, de nos émotions d’aujourd’hui sont les mêmes qu’hier.
Notre mode de fonctionnement le plus puissant, ce n’est pas la motivation ponctuelle. C’est l’automatisme. Et ce n’est pas un hasard si des livres entièrement construits autour de la mise en place d’habitudes et de routines, comme le Miracle Morning, sont devenus des best-sellers mondiaux.
Et sur ce sujet, pour moi, il y a un auteur qui a mieux que quiconque expliqué comment on construit des habitudes qui tiennent dans le temps : James Clear.
Un rien pour tout changer : la leçon de James Clear
Dans son livre « Un rien pour tout changer« , James Clear part d’un constat simple : on surestime largement l’importance des grands objectifs, des grandes actions, et on sous-estime complètement le pouvoir des petits systèmes qu’on met en place au quotidien.
Son idée la plus connue, c’est celle des 1%. Si tu t’améliores d’à peine 1% chaque jour, sur un an, tu ne progresses pas de 365%.
Tu progresses de manière exponentielle, parce que chaque petite amélioration s’appuie sur la précédente. Et à l’inverse, 1% de moins chaque jour, la dégradation suit exactement la même courbe, dans l’autre sens.
Mais l’idée la plus puissante et originale de James Clear, pour moi, est ailleurs.
D’après lui, il existe trois niveaux de changement, un peu comme des poupées russes.
Le premier, le plus superficiel, c’est le résultat qu’on veut obtenir — perdre du poids, gagner plus, publier un livre. Le deuxième, c’est le processus : les habitudes et les systèmes qu’on met en place pour y arriver.
Et le troisième, le plus profond, celui que presque personne n’aborde, c’est l’identité — les convictions et les croyances que l’on a sur qui on est, ce dont on est capable, ce que l’on mérite.
La plupart des gens essaient de changer en partant du résultat qu’ils veulent obtenir.
Et c’est quand on fonctionne comme ça que l’on utilise la motivation et la volonté comme moteurs du changement. Nos efforts ne tiennent pas dans le temps.
Une minorité de personnes, souvent encouragées par une idée très répandue dans le domaine du développement personnel, se concentrent sur les habitudes.
Elles pensent : “je dois me concentrer sur le système que je mets en place, pas sur l’objectif”.
Cette vision, en partie, est correcte : essayer de changer en partant du processus fonctionne mieux que de rester obsédé par le résultat.
Mais une poignée d’individus va encore plus loin, et c’est là que ça devient intéressant.
Parce que tu peux mettre en place un système et le suivre à la perfection — sans que rien, en profondeur, ait changé chez toi.
Tu appliques une discipline : tu te lèves tôt, tu coches toutes les cases de ta routine.
Mais, au fond, tu es resté exactement le même.
C’est pour ça que, dès que la routine est interrompue — un imprévu, des vacances, une mauvaise semaine — tout s’effondre très vite.
Rien ne soutenait ce système de l’intérieur.
Encore plus profond que le résultat et le processus, il y a l’identité.
C’est la seule manière qui rend un changement durable.
Une fois que l’on incarne une nouvelle identité, c’est elle qui dirige nos comportements.
Et, avec le temps, les résultats arrivent comme une conséquence naturelle.
Changer de comportement, ou changer d’identité ?
Par rapport au changement d’identité, laisse-moi te raconter une anecdote personnelle.
Parce qu’il y a une différence énorme entre changer ce que l’on fait, et changer qui on est.
Il y a trois ans, j’ai quitté mon poste de salarié pour devenir entrepreneur. Sur le papier, le changement était fait. Nouveau statut, nouvelle activité, nouvelle vie.
Mais l’année dernière, en évaluant un projet d’investissement pour développer mon activité, j’ai fait un constat qui m’a beaucoup surpris.
Au bout de 3 ans, je raisonnais encore exactement comme un salarié.
Au lieu de penser comme un investisseur, qui réfléchit en termes de patrimoine, de long terme, d’évaluation du risque et de l’opportunité, je raisonnais encore en terme de salaire mensuel : combien rentre chaque mois, combien sort, comment équilibrer les deux.
Sauf que, pour ce projet-là, la logique de la fiche de paie ne pouvait pas s’appliquer.
Ce constat m’a beaucoup appris. J’avais beau avoir changé de métier, je n’avais pas encore changé d’identité.
Une partie de moi continuait de se voir, en secret, comme un salarié qui avait juste changé de bureau.
Si toi aussi tu n’arrives pas à ancrer tes actions dans la durée, malgré tous les efforts que tu y mets, c’est probablement aussi une histoire d’identité.
Tu peux avancer par des élans de motivation, tu peux puiser dans ta force de volonté par moments, mais si au fond tu continues à te raconter les mêmes choses sur toi-même, aucun changement réussira à tenir dans la durée.
Même si tu connais la meilleure méthode, même si tu appliques des outils super-efficaces, tout cela ne va pas réellement tenir longtemps.
Si tu continues à te dire au fond de toi : « je suis quelqu’un qui procrastine« , « je suis quelqu’un qui abandonne« , « je n’ai jamais assez confiance« , alors la fin de chaque tentative est écrite dès le départ : tôt ou tard, tes actions vont se réaligner sur cette histoire.
Et pas sur tes envies.
Voilà l’idée clé que je souhaite partager avec toi aujourd’hui: on ne change pas durablement de comportement tant qu’on n’a pas changé l’histoire qu’on se raconte sur qui on est.
Deux exercices pour changer d’identité
Tu te dis peut-être : “OK Matteo, très bien, mais comment on fait, concrètement, pour changer d’identité ?”
Je te propose deux exercices simples, que tu peux essayer dès aujourd’hui.
Premier exercice : la répétition de la phrase-identité.
Pour cet exercice, on va exploiter le fonctionnement de notre inconscient, qui dicte notre comportement sur la base de ce qu’il croit.
La particularité est que nos croyances ne se forment pas sur le fait qu’une idée soit vraie ou fausse. L’inconscient ne sait pas faire la différence entre vrai ou faux.
Il fonctionne par familiarité : il finit par croire ce qu’il a l’habitude d’entendre.
Donc, afin de changer d’identité, choisis une phrase qui décrit le type de personne que tu veux incarner, par exemple : « je suis quelqu’un de déterminé« , « je suis quelqu’un de confiant« , « je suis quelqu’un qui tient ses engagements » — et répète-la, chaque jour.
Tu peux la répéter dans ta tête, ou encore mieux, répète-la à voix haute.
Plus tu répètes cette phrase (au réveil, sous la douche, avant une réunion importante), plus vite tu en sentiras les bénéfices.
Tu es en train d’utiliser à ton avantage même mécanisme qui, en négatif, t’a construit les histoires que tu te racontes depuis des années (« je ne suis pas discipliné », « je n’y arrive jamais »).
A force de te les répéter tu as fini par les croire, même quand, objectivement, les faits disaient autre chose.
Il est possible que, les premières fois, cette phrase te paraît inconfortable, qu’elle te sonne fausse.
Mais avec le temps, peu à peu, tu vas reprogrammer ce que ton inconscient croit sur toi. Ton narrateur intérieur, celui qui décide sans que tu t’en rendes compte, ce que tu es capable de faire ou non.
Bien sûr, juste répéter une phrase dans ta tête ce n’est pas suffisant pour arriver aux résultats que tu cherches. Elle doit s’accompagner des bonnes actions.
Mais elle prépare le terrain, et rend ton comportement la suite logique de ton identité.
Tes actions seront plus cohérentes avec qui tu affirmes être.
Deuxième exercice : les trois exemples inspirants.
Pense à trois personnes qui t’inspirent. Elles peuvent être quelqu’un de ton entourage proche — un collègue, un ami, un membre de ta famille.
Elles peuvent être une personnalité publique, connue de tous, comme un sportif, une commedienne, un homme ou une femme politique.
Ou tu peux même chercher inspiration dans des personnages de fiction : comme le héros d’un film ou d’un roman.
Pour chacune de ces trois personnes, je t’invite à te poser toi deux questions :
- d’abord : quels sont les traits de personnalité qu’ils incarnent et qui t’inspirent le plus ? Pas forcément ce qu’elles disent, mais ce que tu observes et que tu admire dans leur façon d’être.
- Et après : quels comportements mettent-elles en place, presque naturellement, comme une conséquence directe de qui elles sont ?
Tu vas rapidement remarquer un point commun : leurs actions découlent simplement de leur identité.
Une personne généreuse ne se force pas à donner : ses gestes d’altruisme se font sans effort de volonté.
Une personne rigoureuse ne « décide » pas d’être organisée chaque matin — elle l’est, tout simplement, parce que c’est cohérent avec l’image qu’elle a d’elle-même.
Cet exercice te sert de miroir.
Si tu admires ces qualités dans ces 3 personnes, c’est que toi as déjà ces 3 qualités en toi. Peut-être tu ne les a pas encore suffisamment cultivées, peut-être elles ne sont pas encore visibles.
Peu importe : le fait de les repérer et de les rendre explicites va te permettre d’orienter tes actions quotidiennes vers les traits de personnalité que tu admires.
En résumé : construis d’abord ton identité
Voilà, tu sais désormais pourquoi tu peux avoir du mal à garder la motivation dans la durée.
C’est n’est ni une question de motivation, ni une question de volonté : ces deux moteurs s’épuisent, c’est leur fonctionnement normal.
Le vrai levier pour qu’un changement soit durable, c’est l’identité.
Avant de te focaliser sur les résultats que tu vises, avant de t’occuper du système à mettre en place pour y arriver, définis clairement la personne que tu souhaites devenir.
Et pour intégrer cette identité, ne prétends pas un virement immédiat.
Elle se construit, phrase après phrase, action après action — chaque petite preuve devenant, avec le temps, une nouvelle évidence sur toi-même.
Alors dis-moi : quelle identité es-tu en train de construire, en ce moment, sans même te l’avouer ? Est-ce qu’elle te rapproche, ou elle t’éloigne, de tes objectifs ?
J’ai hâte de lire ton commentaire.
A très vite, pour de nouvelles idées !!!

